Un homme survit à une infection grave après avoir participé à un premier essai clinique mondial de cellules souches à L’Hôpital d’Ottawa

le 31 mars 2016

Les cellules souches sont souvent décrites comme les fondements du corps humain, capables de produire toutes nos cellules et tous nos organes. Mais des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa tentent de vérifier par un essai clinique si les cellules souches peuvent aussi avoir un certain contrôle sur le système immunitaire humain pour le rendre plus résistant aux blessures et aux infections et capable de promouvoir la guérison.

Charles Berniqué a récemment survécu à une infection mortelle qui a nécessité des soins intensifs prolongés. Le grand-père de 73 ans vivant à Hawkesbury, en Ontario, est rentré sain et sauf dans sa famille et au travail après avoir pris part à ce premier essai mondial.

« C’est formidable ce que L’Hôpital d’Ottawa a fait pour moi », s’exclame M. Berniqué. « J’étais à un cheveu de la mort, mais j’ai reçu les meilleurs soins au monde et j’ai pu participer à une étude qui pourrait aider bien des gens. »

M. Berniqué a contracté une infection en juin 2015 lorsque son œsophage s’est rompu à cause, croit-on, d’une intoxication alimentaire très grave. Il a alors subi un choc septique grave, une affection parfois mortelle qui survient lorsqu’une infection non contrôlée surstimule le système immunitaire et provoque ainsi la défaillance du système cardiovasculaire et d’organes. Les chirurgiens thoraciques à L’Hôpital d’Ottawa ont fait une réanimation liquidienne, réparé l’œsophage du patient et amorcé une thérapie antibiotique. Mis dans le coma aux Soins intensifs, M. Berniqué a reçu des médicaments, une ventilation artificielle et de la dialyse pour secourir son cœur, ses poumons et ses reins.

C’est alors que son épouse, Maureen, a consenti à sa participation à l’essai clinique.

« Je voulais faire tout ce que je pouvais pour l’aider », se souvient-elle.

En 24 heures, M. Berniqué a reçu par perfusion 30 millions de cellules souches mésenchymateuses cultivées dans une installation spécialisée à L’Hôpital d’Ottawa. Les cellules souches avaient été extraites de la moelle osseuse d’un volontaire d’Ottawa en santé.

M. Berniqué s’en est tiré et s’est rétabli lentement, malgré plusieurs complications découlant de l’infection massive. Après avoir passé près de trois mois à L’Hôpital d’Ottawa, il est de retour chez lui, à Hawkesbury, entouré de son épouse, de ses enfants et de ses petits-enfants et travaillant à temps partiel.

L’essai clinique auquel il a participé est le fruit d’années de recherches menées par les Drs Duncan Stewart et Lauralyn McIntyre.

« Nos études en laboratoire nous avaient déjà montré que la thérapie par cellules souches mésenchymateuses triplait les chances de survie dans un modèle de souris », explique le Dr Stewart, vice-président exécutif, Recherche et scientifique principal à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Les cellules réduisaient aussi l’inflammation dommageable et aidaient les souris à éliminer les bactéries. »

Intensiviste et scientifique principale à L’Hôpital d’Ottawa, la Dre McIntyre est impressionnée par les résultats.

« Depuis des décennies, des chercheurs aux quatre coins de la planète tentent de trouver une thérapie qui s’attaquerait aux causes du choc septique plutôt qu’à ses symptômes. Cependant, aucune thérapie n’a accru jusqu’ici les chances de survie », explique le médecin, également professeure agrégée à l’Université d’Ottawa. « Vous pouvez donc vous imaginer ma joie quand j’ai pu travailler avec le Dr Stewart et son équipe à concevoir et à mener un essai clinique de cette thérapie chez nos patients. Nous ne savons pas si la thérapie par cellules souches y a été pour quelque chose dans le rétablissement extraordinaire de M. Berniqué, mais celui-ci a très bien toléré les cellules et nous avons hâte de poursuivre l’étude de cette thérapie prometteuse chez d’autres patients. »

Plus de 100 000 Canadiens subissent un choc septique chaque année et de 20 à 40 % en meurent. Il est à l’origine de 20 % des admissions aux unités de soins intensifs et coûte quatre milliards de dollars chaque année au système de santé canadien.

L’essai mené à L’Hôpital d’Ottawa, intitulé Cellular Immunotherapy for Septic Shock (CISS), consistera à traiter neuf patients par doses croissantes de cellules souches mésenchymateuses. Par ailleurs, 21 autres patients ont déjà pris part à l’étude comme membres du groupe témoin. Financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Réseau de cellules souches, l’étude reçoit également une aide financière de La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.

Les cellules souches mésenchymateuses ont fait l’objet de nombreuses autres études dans le cadre d’essais cliniques menés chez des humains atteints d’autres maladies. Cependant, cette étude-ci est la première au monde à évaluer la capacité de ces cellules à traiter le choc septique. Le principal objectif de la phase 1 de l’essai est de déterminer si la thérapie à base de cellules souches mésenchymateuses est tolérable et réalisable chez les patients atteints de choc septique. Les chercheurs ont bon espoir de publier des résultats d’ici 2017. Ils ont déjà reçu des fonds de l’Institut ontarien de médecine régénératrice pour commencer à enrichir leur banque de cellules en vue de phase 2 de l’essai, qui consistera à déterminer si la thérapie est efficace.

« L’Hôpital d’Ottawa se fait rapidement connaître comme chef de file pour ce qui est des premières mondiales au chapitre des essais cliniques novateurs comme ceux sur les traitements à base de cellules souches », affirme le Dr Stewart. « Cet essai repousse les frontières des sciences médicales et donne aux citoyens d’Ottawa accès à de nouveaux traitements prometteurs. »

Le Centre de méthodologie d’Ottawa, le Groupe canadien de recherche en soins intensifs et le Canadian Critical Care Translational Biology Group ont fourni des commentaires fort utiles lors de la conception de l’essai clinique. Les autres cochercheurs de la phase 1 sont Dean Fergusson, Ph.D. (L’Hôpital d’Ottawa, Université d’Ottawa), David Courtman, Ph.D. (L’Hôpital d’Ottawa, Université d’Ottawa), le Dr John Marshall (Hôpital St. Michael, Université de Toronto), le Dr John Granton (Université de Toronto), le Dr Brent Winston (Université de Calgary), le Dr Keith Walley (Hôpital St. Paul, Université de la Colombie-Britannique), Shirley Mei, Ph.D. (L’Hôpital d’Ottawa, Université d’Ottawa) et le Dr Manoj Lalu (L’Hôpital d’Ottawa, Université d’Ottawa). L’essai est coordonné par Irene Watpool.

Citations de commanditaires et de partenaires

« Les Drs Stewart et McIntyre réalisent des travaux fort prometteurs », affirme Marc Ouellette, directeur scientifique de l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC. « J’ai bon espoir que l’essai nous révélera beaucoup de choses sur l’efficacité de l’immunothérapie cellulaire à base de cellules souches pour le traitement du choc septique et de ses complications. »

« La phase 1 de l’étude est prometteuse et fondée sur d’excellentes recherches scientifiques qui ont convaincu l’Institut ontarien de médecine régénératrice d’accorder une subvention à l’équipe du Dr Stewart », affirme Janet Rossant, présidente et directrice scientifique de l’Institut. « Nous avons très hâte de connaître les résultats des efforts du Dr Stewart pour produire plus de cellules souches thérapeutiques afin de réaliser d’autres essais qui pourraient aider plus de patients. »

« Nous savons maintenant que les recherches sur les cellules souches au Canada nous réservent de belles surprises sur le plan clinique », estime Michael Rudnicki, Ph.D., directeur scientifique du Réseau de cellules souches, directeur du Programme de médecine régénératrice de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Le Réseau de cellules souches est fier d’appuyer un essai clinique aussi prometteur et novateur mené par la Dre Lauralyn McIntyre, ici-même, à Ottawa. Cette thérapie à base de cellules souches pourrait accroître le taux de survie de personnes ayant des infections sanguines aussi graves. »

« Nous sommes ravis de voir les progrès réalisés par la Dre McIntyre et son équipe au cours des six dernières années avec leur thérapie novatrice pour les patients qui ont cette infection dévastatrice », a déclaré le Dr Paul Hébert, président du Groupe canadien de recherche en soins intensifs, réseau de recherche en soins critiques de renommée mondiale. « Des chercheurs ingénieux comme la Dre McIntyre et des programmes de recherche révolutionnaires comme celui-ci aident à améliorer les soins donnés à l’échelle planétaire et nous sommes fiers de contribuer au succès de cette recherche. »

« La Société canadienne du sang se réjouit à l’idée de travailler avec la Dre McIntyre et son équipe de recherche. Ce projet pourrait mener à une thérapie cellulaire vraiment intéressante », observe Dana Devine, chef des affaires médicales et scientifiques à la Société canadienne du sang. « Nous espérons qu’en mettant à profit notre expertise dans la préservation des cellules et des tissus à des températures négatives et notre expérience de la fabrication et de la distribution de produits biologiques, nous contribuerons à accélérer l’utilisation de cette thérapie. »

Audiovisuel : Photos et vidéos disponibles sur demande

À propos de L’Hôpital d’Ottawa : Avec plus de 1 100 lits, un effectif d’environ 12 000 personnes et un budget annuel dépassant les 1,2 milliard de dollars, L’Hôpital d’Ottawa est l’un des plus importants hôpitaux d’enseignement et de recherche au Canada. Notre orientation vers la recherche et l’enseignement nous aide à mettre au point des moyens novateurs de traiter les patients et d’améliorer les soins. Affiliés à l’Université d’Ottawa, l’Hôpital fournit sur plusieurs campus des soins spécialisés à la population de l’Est de l’Ontario. Cela dit, nos techniques de pointe et les fruits de nos recherches sont adoptés partout dans le monde. Notre vision consiste à améliorer la qualité des soins et nous mobilisons l’appui de toute la collectivité pour mieux y parvenir. Consultez www.ohri.ca pour en savoir plus sur la recherche menée à L’Hôpital d’Ottawa.

Renseignements : Jennifer Ganton, Directrice, Communications et relations publiques, Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, jganton@ohri.ca, 613-798-5555, poste 73325 ou 613-614-5253 (cellulaire) OU Amelia Buchanan, Spécialiste principale des communications, Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, Bureau : 613-798-5555, x 73687; Cell. : 613-297-8315; ambuchanan@ohri.ca