Les virus pourraient-ils faire avancer d’un pas l’immunothérapie anticancéreuse? Une étude montre que les virus et les inhibiteurs de point de contrôle font front commun contre un cancer du sein résistant chez des souris.

le 3 janvier 2018

L’immunothérapie, utilisée pour aider le système immunitaire à attaquer le cancer, a révolutionné le traitement de certains cancers comme le mélanome et la leucémie. Beaucoup d’autres types de cancer y demeurent toutefois résistants. Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs à L’Hôpital d’Ottawa et à l’Université d’Ottawa, une combinaison de deux immunothérapies (virus oncolytiques et inhibiteurs de point de contrôle) pourrait être beaucoup plus efficace pour traiter le cancer du sein et possiblement d’autres cancers. L’étude, qui utilise des modèles souris, est publiée dans Science Translational Medicine.

« C’était tout à fait extraordinaire de voir que nous pouvions guérir le cancer de la plupart de nos souris, même chez des modèles habituellement très résistants à l’immunothérapie », explique Marie-Claude Bourgeois-Daigneault, Ph.D., auteure principale de l’étude et boursière postdoctorale au sein du groupe de John Bell, Ph.D., à L’Hôpital d’Ottawa et à l’Université d’Ottawa. « Nous croyons que les mêmes mécanismes se manifestent pour les cancers humains, mais il faut poursuivre les recherches afin de faire l’essai de ce type de thérapie chez les humains. »

L’étude visait le cancer du sein « triple négatif », cancer du sein le plus agressif et difficile à traiter.

Les chercheurs ont étudié trois modèles souris de ce cancer du sein et ont découvert que tous étaient résistants à un inhibiteur de point de contrôle couramment utilisé pour traiter d’autres types de cancer. De plus, ils ont découvert qu’un autre virus oncolytique, appelé Maraba, pouvait se reproduire à l’intérieur de ces cancers et aider le système immunitaire de la souris à reconnaître et à attaquer le cancer. Or, ce virus, à lui seul, avait peu d’incidence sur la survie globale.

Les chercheurs ont ensuite testé ensemble le virus et l’inhibiteur de point de contrôle dans des modèles qui imitent la propagation de métastases du cancer du sein après la chirurgie, phénomène très courant chez les humains. Ils ont découvert que cette combinaison guérissait de 60 à 90 % des souris, contre 0 % pour l’inhibiteur de point de contrôle seul et de 20 à 30 % pour le virus seul. Dans ces modèles, le virus a été administré avant la chirurgie, et l’inhibiteur de point de contrôle, après la chirurgie.

« Le système immunitaire cherche constamment à reconnaître et à tuer les cellules cancéreuses, alors que les cellules cancéreuses font tout pour s’en cacher », explique John Bell, Ph.D., scientifique principal à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Lorsqu’on infecte une cellule cancéreuse avec un virus, cela déclenche un signal d’alarme pour que le système immunitaire reconnaisse et attaque le cancer. Mais, pour certains types de cancer, cela ne suffit pas. Nous avons découvert que faire suivre le virus par un autre inhibiteur de point de contrôle déclenche tous les signaux d’alarme et incite le système immunitaire à déployer toute son armée contre le cancer. »

Un essai clinique publié récemment confirme que les virus oncolytiques et les inhibiteurs de point de contrôle ont le potentiel de traiter les mélanomes. Cette étude-ci est toutefois la première à montrer ce potentiel pour ce qui est du cancer du sein. Il s’agit également de la première étude à faire l’essai des virus et des inhibiteurs de point de contrôle chez un modèle chirurgical et métastatique, ce qui est particulièrement pertinent pour les humains.

Les essais cliniques en cours combinent des virus oncolytiques (y compris Maraba) et des inhibiteurs de point de contrôle chez des personnes atteintes de cancer. Les personnes qui aimeraient participer à ces essais à L’Hôpital d’Ottawa peuvent lire ces questions fréquentes.

Soutien et renseignements supplémentaires


  • La recherche de M. Bell à L’Hôpital d’Ottawa bénéficie du généreux soutien de donateurs de L’Hôpital d’Ottawa. Cette étude a également reçu une aide financière des Instituts de recherche en santé du Canada, de l’Institut de recherche Terry Fox, de la Société canadienne du cancer, de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer, de la Fondation du cancer de la région d’Ottawa, de BioCanRx et de l’Alliance for Cancer Gene Therapy.

  • Le traitement à l’aide du virus Maraba a été inventé conjointement par John Bell, Ph.D. (L’Hôpital d’Ottawa, Université d’Ottawa), David Stojdl, Ph.D. (Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Université d’Ottawa) et Brian Lichty, Ph.D. (Université McMaster). Ces trois chercheurs ont fondé l’entreprise Turnstone Biologics, qui met au point lu virus utilisé. Turnstone n’a cependant pas financé la recherche décrite ici.

  • Bell est également directeur scientifique de BioCanRx, codirecteur de l’initiative de recherche translationnelle en immuno-oncologie à l’Institut ontarien de recherche sur le cancer et fondateur du Consortium canadien sur les virus oncolytiques.

  • La recherche décrite ici a été publiée dans la revue Science Translational Medicine le 3 janvier 2018. La publication est intitulée « Neo-Adjuvant Oncolytic Virotherapy Before Surgery Sensitizes Triple-Negative Breast Cancer to Immune Checkpoint Therapy ». Les auteurs sont : Marie-Claude Bourgeois-Daigneault, Dominic Guy Roy, Amelia Sadie Aitken, Nader El Sayes, Nikolas Tim Martin, Oliver Varette, Theresa Falls, Lauren Elizabeth St-Germain, Adrian Pelin, Brian Dennis Lichty, David Francis Stojdl, Guy Ungerechts, Jean-Simon Diallo et John Cameron Bell. L’article est en page couverture de la revue, tout comme une étude similaire sur le cancer du cerveau effectuée par un autre groupe.

  • Multimédia: http://bit.ly/2BEPVRy.

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