Chaque année, plus de 10 000 Canadiennes peuvent arrêter de prendre des anticoagulants pour prévenir la réapparition d’un caillot de sang inexpliqué

le 4 avril 2017


Une règle aide à repérer les femmes à faible risque d’avoir un autre caillot de sang

Une équipe de recherche dirigée par un chercheur canadien a mis au point et validé une règle qui pourrait permettre à la moitié des femmes ayant eu un caillot de sang dans une veine sans raison évidente d’arrêter de prendre des anticoagulants pour le restant de leur vie. Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue BMJ.

Plus de 1,5 million de Canadiens éprouveront au cours de leur vie une thrombose veineuse, qui se caractérise par la présence d’un caillot de sang dans une veine. Si une partie du caillot de sang se détache et se rend jusque dans les poumons, l’issue peut être fatale. La moitié des thromboses se produisent sans raison apparente, c’est-à-dire que leur cause est inexpliquée ou non provoquée.

Après le traitement d’une thrombose non provoquée, on recommande la prise d’anticoagulants à vie. Une personne qui n’en prend pas court 30 % à 40 % de risque de faire une autre thrombose dans les 10 années qui suivent. Prendre des anticoagulants à vie élimine virtuellement le risque de caillots de sang, mais augmente de 1,2 % par année le risque d’hémorragie majeure.

« Les patients peuvent devenir très anxieux lorsqu’ils essaient de comparer les risques du traitement à ceux d’un autre caillot de sang », explique le Dr Marc Rodger, scientifique principal et spécialiste en thrombose à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Grâce à cette règle, nous pouvons déterminer avec confiance que la moitié des femmes que nous voyons sont à faible risque d’avoir un autre caillot de sang. Cela signifie qu’elles peuvent arrêter de prendre des anticoagulants après le traitement de leur thrombose et ainsi éviter le coût, les inconvénients et les risques associés à la prise d’anticoagulants à vie. »


La règle, nommée HERDOO2 pour aider les médecins à se souvenir des critères, a été mise au point par une équipe internationale de chercheurs dirigés par le Dr Rodger et publiée en 2008. D’après la règle, si une femme présente un seul ou aucun des facteurs de risque suivants, elle court peu de risque d’avoir un autre caillot de sang :

Décoloration, rougeur ou enflure dans une jambe (HER = hyperpigmentation, enflure ou rougeur)

Forte concentration d’un marqueur de caillots (D-dimères) dans le sang

Indice de masse corporelle égal ou supérieur à 30 kg/m2 (Obésité)

Outrepasser l’âge de65 ans

L’équipe n’a pas pu établir de facteur pour repérer les hommes ayant peu de risque de faire une autre thrombose.

Pour valider la règle, le Dr Rodger a dirigé un essai international mené auprès de 2 785 participants ayant fait une thrombose sans raison évidente qu’il a recrutés dans 44 centres de santé dans 7 pays différents entre 2008 et 2015.

D’après la règle, 622 des 1 213 femmes participant à l’essai couraient peu de risque d’avoir un autre caillot de sang. Les chercheurs leur ont recommandé d’arrêter de prendre des anticoagulants après la fin du traitement. Ils ont remis la décision entre les mains des patientes et de leur médecin lorsque le risque de faire une autre thrombose était élevé. Des 2 125 patients courant un risque élevé, 1 802 ont choisi de continuer de prendre des anticoagulants et 323 ont choisi d’arrêter de les prendre.

Les chercheurs ont suivi les participants pendant un an après la fin du traitement initial. Pendant cette année, 3 % des femmes à faible risque ont subi une autre thrombose, par rapport à 8,1 % des patients à risque élevé qui avaient choisi d’arrêter les anticoagulants.

« À L’Hôpital d’Ottawa, nous recevons chaque jour deux ou trois patients ayant un caillot de sang inexpliqué, ajoute le Dr Rodger. Si la règle était appliquée dans l’ensemble du Canada, nous estimons qu’il serait possible de repérer plus de 10 000 femmes qui courent un risque peu élevé et de leur recommander de cesser de prendre des anticoagulants. »

La règle est maintenant utilisée dans tous les centres de santé où elle a été validée, y compris L’Hôpital d’Ottawa. La prochaine étape, pour les chercheurs, est de relayer l’information aux autres professionnels de la santé.

Le Dr Rodger veut aussi informer les patients qui ont ce problème courant.

« Si vous êtes une femme et avez déjà fait une thrombose inexpliquée ou si vous devez prendre des anticoagulants à vie parce que vous avez déjà fait une thrombose, demandez à votre médecin d’évaluer votre risque à l’aide de la règle HERDOO2, conseille le Dr Rodger. Cela pourrait vous éviter de prendre des anticoagulants toute votre vie »,

Référence complète : « Validating the HERDOO2 Rule to Guide Treatment Duration for Women with Unprovoked Venous Thrombosis: A Multi-National Prospective Cohort Management Study ». Marc A. Rodger, Gregoire Le Gal, David R. Anderson, Jeannot Schmidt, Gilles Pernod, Susan R. Kahn, Marc Righini, Patrick Mismetti, Clive Kearon, Guy Meyer, Antoine Elias, Tim Ramsay, Thomas L. Ortel, Menno V. Huisman et Michael J. Kovacs, étude REVERSE II, BMJ, 17 mars 2017

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