Un nouvel anticoagulant est plus efficace que l’aspirine pour prévenir la récidive de caillots sanguins

le 18 mars 2017


Une équipe de recherche internationale dirigée par un éminent chercheur canadien a découvert que l’anticoagulant rivaroxaban est aussi sécuritaire que l’aspirine et plus efficace contre la récidive de caillots sanguins potentiellement mortels dans les jambes et les poumons, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine.

Au moins 1 Canadien sur 1 000 est touché par ce type de caillot chaque année, un état appelé thromboembolie veineuse. Les caillots peuvent entraîner la mort s’ils se déplacent jusqu’aux poumons (embolie pulmonaire) et sont la troisième cause de décès d’origine cardiovasculaire après la crise cardiaque et l’accident vasculaire cérébral.

La thromboembolie veineuse est une maladie chronique qui peut entraîner de nouveaux épisodes au cours de la vie. Toutefois, plusieurs médecins et patients décident de ne pas suivre de traitement d’anticoagulants de longue durée, vu le risque de saignement. Certains choisissent plutôt l’aspirine, qu’ils estiment plus sécuritaire.

Cette étude internationale d’envergure, à laquelle ont participé 3 396 patients atteints de thromboembolie veineuse dans 31 pays, montre toutefois que le rivaroxaban est plus efficace que l’aspirine.

« Non seulement il est plus efficace, mais en faisant l’essai de deux doses de rivaroxaban, nous avons découvert que nous pouvons réduire la dose quotidienne pour un traitement prolongé », a expliqué le Dr Jeffrey Weitz, chercheur principal de l’étude et professeur de médecine, de biochimie et de sciences biomédicales à l’École de médecine Michael G. DeGroote de l’Université McMaster. « Cela permet d’apaiser les inquiétudes des patients comme de leurs médecins au sujet d’un traitement à long terme. »

Pendant l’étude, qui s’est déroulée de mars 2014 à mars 2016, les patients ont reçu quotidiennement soit 20 mg de rivaroxaban, soit 10 mg de rivaroxaban, soit de 100 mg d’aspirine. Ils ont pris ces médicaments pendant une période allant jusqu’à 12 mois après le traitement de leur premier caillot.

Les chercheurs ont découvert que les patients qui prenaient de l’aspirine avaient le taux de récidive de caillots le plus élevé, soit 4,4 %. Chez les patients qui prenaient 20 mg ou 10 mg de rivaroxaban, ce taux était beaucoup moins élevé, soit 1,5 et 1,2 % respectivement.

Pour ce qui est du risque de saignement, les chercheurs n’ont pas relevé de différences statistiquement significatives entre les traitements. Le taux de saignement majeur était de 0,3 % pour le groupe des patients prenant de l’aspirine et de 0,5 % et de 0,4 % respectivement pour les groupes prenant 20 mg ou 10 mg de rivaroxaban.

Le Dr Philip Wells, scientifique principal et chef du Département de médecine de L’Hôpital d’Ottawa, directeur du Département de médecine de l’Université d’Ottawa et un des auteurs de l’étude, présentera la recherche aujourd’hui à la 66e rencontre scientifique annuelle de l’American College of Cardiology.

« Nous savons grâce aux études antérieures que seulement environ 40 % des patients atteints de thromboembolie veineuse prennent en fait des anticoagulants à long terme, a indiqué le Dr Wells. Nous espérons que cette étude, qui montre que l’anticoagulant rivaroxaban est aussi sécuritaire que l’aspirine, mais aussi beaucoup plus efficace pour prévenir les caillots futurs, convaincra les patients et leurs médecins de prendre à long terme ce médicament capable de prévenir des caillots potentiellement dangereux. »

Le rivaroxaban est un médicament d’ordonnance vendu au Canada pour environ 100 $ par mois et couvert par la plupart des régimes privés d’assurance. L’aspirine coûte quelques sous par jour et est disponible en vente libre.

L’étude a été financée par Bayer AG.

Référence complète : Weitz, Jeffrey I., Anthonie W.A. Lensing, Martin Prins, Rupert Bauersachs, Jan Beyer-Westendorf, Henri Bounameaux, Timothy A. Brighton, Alexander T. Cohen, Bruce L. Davidson, Hervé Decousus, Maria Cecilia S. Freitas, Gerlind Holberg, Ajay Kakkar, Lloyd Haskell, Bonno van Bellen, Akos F. Pap, Scott D. Berkowitz, Peter Verhamme, Philip S. Wells et Paolo Prandoni, au nom des chercheurs de l’étude EINSTEIN CHOICE. « Rivaroxaban or Aspirin for Extended Treatment of Venous Thromboembolism », The New England Journal of Medicine, le 18 mars 2017.

À propos de l’Université McMaster : L’Université McMaster, l’une des quatre universités canadiennes qui figurent au palmarès des 100 meilleures universités au monde, est reconnue pour son innovation en enseignement et en recherche. Sa population étudiante est de 30 000 et ses plus de 170 000 anciens sont répartis dans 137 pays.

À propos de L’Hôpital d’Ottawa : Inspiré par la recherche. Guidé par la compassion. L’Hôpital d’Ottawa est l’un des plus importants hôpitaux d’enseignement et de recherche au Canada. Il est doté de plus de 1 100 lits, d’un effectif de quelque 12 000 personnes et d’un budget annuel d’environ 1,2 milliard de dollars. L’enseignement et la recherche étant au cœur de nos activités, nous possédons les outils qui nous permettent d’innover et d’améliorer les soins aux patients. Affilié à l’Université d’Ottawa, l’Hôpital fournit sur plusieurs campus des soins spécialisés à la population de l’Est de l’Ontario. Cela dit, nos techniques de pointe et les fruits de nos recherches sont adoptés partout dans le monde. Notre vision consiste à améliorer la qualité des soins et nous mobilisons l’appui de toute la collectivité pour mieux y parvenir. Pour en savoir plus sur la recherche à L’Hôpital d’Ottawa, visitez www.irho.ca.

À propos de l’Université d’Ottawa : Un carrefour d’idées et de culture. L’Université d’Ottawa compte plus de 50 000 étudiants, professeurs et employés administratifs qui vivent, travaillent et étudient en français et en anglais. Notre campus est un véritable carrefour des cultures et des idées, où les esprits audacieux se rassemblent pour relancer le débat et faire naître des idées transformatrices. Nous sommes l’une des 10 meilleures universités de recherche du Canada; nos professeurs et chercheurs explorent de nouvelles façons de relever les défis d’aujourd’hui. Classée parmi les 200 meilleures universités du monde, l’Université d’Ottawa attire les plus brillants penseurs et est ouverte à divers points de vue provenant de partout dans le monde. www.uottawa.ca.

Personnes-ressources pour les médias :

Veronica McGuire, coordonnatrice des relations avec les médias, Faculté des sciences de la santé, Université McMaster; vmguir@mcmaster.ca; bureau : 905-525-9140, poste 22169; cellulaire : 289-776-6952.

Amelia Buchanan, spécialiste principale des communications, Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa; ambuchanan@ohri.ca; bureau : 613-798-5555, poste 73687; cellulaire : 613-297-8315.