Une étude révèle des risques plus élevés de maladie cardiovasculaire après une hospitalisation pour pneumonie

le 20 janvier 2015

Ottawa – D’après un article publié aujourd’hui dans l’influente revue JAMA (Journal of the American Medical Association), les risques de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral augmentent considérablement après une hospitalisation pour pneumonie.

« Notre étude conclut essentiellement qu’une personne hospitalisée en raison d’une pneumonie doit être considérée comme présentant un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire », explique l’auteur principal, le Dr Vicente Corrales-Medina, qui est médecin et chercheur spécialiste des maladies infectieuses à L’Hôpital d’Ottawa et professeur adjoint à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.

« Cela signifie deux choses. Premièrement, c’est une raison de plus pour tout mettre en œuvre afin de prévenir la pneumonie, notamment au moyen de vaccins et d’une hygiène de base des mains. C’est particulièrement important pour les personnes âgées ou susceptibles d’avoir une maladie cardiovasculaire en raison d’autres facteurs de risque, comme le diabète, le tabagisme et le cholestérol élevé.

« Deuxièmement, les médecins devraient élaborer un plan de soins tenant compte du fait que ces patients seront plus vulnérables aux maladies cardiovasculaires dans les semaines, les mois et les années qui suivent leur rétablissement. Ce plan pourrait inclure le dépistage et des stratégies de prévention primaire des maladies cardiovasculaires. »

D’autres études avaient établi le lien entre l’hospitalisation pour une pneumonie et la maladie cardiovasculaire, mais celle-ci est la première à se pencher uniquement sur des patients atteints de pneumonie n’ayant aucun antécédent de maladie cardiovasculaire, tout en tenant compte d’autres facteurs connus de risque cardiovasculaire. L’étude indique donc clairement que l’hospitalisation pour une pneumonie doit être considérée comme un facteur de risque cardiovasculaire à part entière.

L’article a été publié dans la JAMA en collaboration avec le Dr Sachin Yende, professeur agrégé à l’Université de Pittsburgh et directeur du programme d’épidémiologie clinique au centre CRISMA. L’étude s’appuyait sur les dossiers de 3 813 personnes provenant de deux études effectuées aux États-Unis sur la santé communautaire. Dans la première, les participants avaient 65 ans et plus, tandis que dans la deuxième, ils avaient de 45 à 64 ans. L’étude de la JAMA a comparé les données sur la santé de 1 271 patients atteints de pneumonie à celles de 2 542 patients témoins (regroupés par âge) sur une période de dix ans.

Les résultats montrent que ces patients présentaient un niveau de risque de maladie cardiovasculaire plus élevé pendant ces dix années et que ce risque culminait durant la première année. Par exemple, un patient du groupe de 65 ans et plus atteint de pneumonie était quatre fois plus susceptible de contracter une maladie cardiovasculaire dans les 30 jours suivant l’infection. À la dixième année, il était presque deux fois plus susceptible de contracter la maladie.

Voici une autre façon de voir les choses : le risque sur dix ans de contracter une maladie cardiovasculaire pour une femme de 72 ans ayant deux facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension et tabagisme) passe de 31 % à 90 % si elle est hospitalisée pour une pneumonie.

En ce qui concerne le groupe de patients de 45 à 64 ans, l’étude montre que le risque était plus élevé durant les deux premières années, mais qu’il n’était pas considérablement plus élevé par la suite. Au sein de ce groupe, un patient atteint de pneumonie était 2,4 fois plus susceptible de contracter une maladie cardiovasculaire dans les 90 jours après l’infection.

La recherche actuelle du Dr Corrales-Medina vise à déterminer les mécanismes biologiques qui causent cette augmentation du risque de maladie cardiovasculaire à la suite d’une pneumonie, dans le but de mettre au point des traitements pour prévenir l’apparition de la maladie.

En bref

  • Selon ACP Medicine, 1,2 million de personnes sont hospitalisées chaque année aux États-Unis à cause d’une pneumonie (les chiffres au Canada combinent pneumonie et grippe).
  • On considère que les maladies cardiovasculaires constituent le groupe de maladies le plus fréquent et le plus mortel, au Canada et dans le monde. En 2008, d’après Statistique Canada, les maladies cardiovasculaires étaient responsables de 29 % de tous les décès au Canada (soit 69 703). Parmi ces décès, 54 % étaient dus à une cardiopathie ischémique (causée par le rétrécissement des artères), 20 % à un accident vasculaire cérébral et 23 % à une crise cardiaque.
  • Les personnes de plus de 65 ans représentent environ le tiers des cas de pneumonies acquises dans la collectivité, sont hospitalisées plus souvent et restent plus longtemps à l’hôpital que les personnes plus jeunes selon la 7e édition de Baum’s Textbook of Pulmonary Diseases.
L’article « Association Between Hospitalization for Pneumonia and Subsequent Risk of Cardiovascular Disease » a été publié en ligne aujourd’hui par JAMA. Le Dr Corrales-Medina a travaillé en collaboration avec l’Université de Pittsburgh. Le dernier auteur est le Dr Sachin Yende, du Clinical Research Investigation and Systems Modeling of Acute Illness (CRISMA) Center de l’Université de Pittsburgh.

Le financement de cet article a été fourni par le National Heart, Lung and Blood Institute (CHS et ARIC), le National Institute of Neurological Disorders and Stroke (CHS), le National Institute on Aging (CHS), La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa, le Département de médecine de L’Hôpital d’Ottawa et le National Institute of General Medical Sciences.

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