Cinq grandes avancées dans la lutte contre la maladie pulmonaire chez les tout petits bébés

le 4 décembre 2012

Ottawa — Pour le Dr Bernard Thébaud, scientifique et néonatologiste d’Ottawa, même un article d’importance permettant de répondre à cinq grandes questions ne semble toujours pas suffire dans son incessante quête d’appliquer la percée réalisée par son laboratoire dans l’Unité de soins intensifs néonataux. Le traitement proposé par le Dr Thébaud aurait recours aux cellules souches provenant du cordon ombilical pour traiter une maladie jugée intraitable jusque là : la dysplasie broncho-pulmonaire ou DBP.

« La DBP est une maladie pulmonaire décrite il y a 45 ans pour laquelle nous n’avons fait aucun progrès. Maintenant, grâce à ces cellules souches prélevées du cordon, nous avons une véritable chance de faire une percée importante », affirme le Dr Thébaud, scientifique principal à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et à l’Institut de recherche du CHEO, néonatologiste au CHEO et à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.

« Je suis persuadé que nous avons ici, au CHEO et à l’IRHO, le talent et les outils pour trouver un traitement à la DBP. Les résultats publiés aujourd’hui nous aideront à y arriver », explique-t-il.

La DBP touche chaque année environ 10 000 nouveau-nés très prématurés au Canada et aux États-Unis. Chez ces enfants, les poumons ne sont pas assez développés pour les maintenir en vie, ce qui les oblige à recevoir de l’oxygène par respirateur. Cependant, la combinaison ventilation mécanique et oxygène endommage les poumons et interrompt leur développement. De plus, leur séjour prolongé aux soins intensifs néonataux nuit au développement normal d’autres parties de leur corps, dont la rétine, les reins et le cerveau.
Dans la revue Thorax d’aujourd’hui, l’équipe du Dr Thébaud présente les conclusions importantes qu’elle a tirées d’expériences menées sur des rats naissants à qui elle a donné de l’oxygène à l’aide d’un respirateur. Le développement pulmonaire d’un rat nouveau-né est analogue à celui d’un bébé prématuré né à 24 semaines de grossesse. Voici les cinq grandes constatations présentées dans Thorax :

  1. Les cellules souches appelées cellules stromales mésenchymateuses (CSM) provenant d’un cordon ombilical humain (et non du sang) ont un effet protecteur sur les poumons lorsqu’elles sont injectées dans ces derniers au moment où ils sont sous oxygène.
  2. Les CSM ont un effet réparateur lorsqu’elles sont injectées dans les poumons deux semaines après que ceux-ci aient été sous oxygène.
  3. Lorsqu’un milieu conditionné — soit une substance acellulaire produite par les CSM — est administré plutôt que des CSM, il s’avère avoir le même effet protecteur et réparateur que les cellules souches.
  4. À leur examen après six mois (l’équivalent de 40 années humaines), les animaux traités présentent une meilleure performance à l’exercice, et les bienfaits pour la structure de leurs poumons persistent.
  5. Les CSM n’ont pas d’effet néfaste sur la santé à long terme des rats normaux. L’une des préoccupations suscitées par le recours aux cellules souches est le risque de stimuler le développement de cellules cancéreuses en favorisant la croissance cellulaire. Pour aborder cette question, le Dr Thébaud a injecté des CSM à un groupe témoin qui ne recevait pas d’oxygène. Après six mois, l’examen de ces animaux a permis de constater qu’ils étaient normaux et en santé.
D’ici deux ans, le Dr Thébaud souhaite mener une étude pilote chez 20 patients humains pour démontrer que ce traitement par cellules souches est applicable et sécuritaire, et d’ici quatre ans, il veut entreprendre un essai contrôlé randomisé. Voilà les étapes de sa quête et de son profond désir d’aider les bébés atteints de DBP qu’ils voient aux soins intensifs néonataux. Il est convaincu qu’un traitement sera mis au point.

« Nous y parviendrons ici, à Ottawa, mais pour tous les bébés du monde entier », annonce-t-il.

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L’article « Short, Long-term and Paracrine Effect of Human Umbilical Cord-derived Stem Cells in Lung Injury Prevention and Repair in Experimental BPD » a été publié dans son intégralité en ligne dans Thorax le 4 décembre 2012. Ces travaux ont été menés dans le cadre d’un projet de collaboration avec un groupe de chercheurs de Milan, en Italie.

Cette étude a été rendue possible grâce aux fonds fournis par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Maternal-Fetal Neonatal Training Program commandité par l’Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC, l’Alberta Heritage Foundation for Medical Research / Alberta Innovates Health Solutions, la Fondation canadienne pour l’innovation, le Programme des chaires de recherche du Canada, la Stollery Children’s Hospital Foundation, le projet de l’UE THERCORD mené dans le cadre du 6e PC ainsi que les projets de l’UE CASCADE et REBORNE menés dans le cadre du 7e PC.

Renseignements
  • Néomie Duval, uOttawa, 613-562-5800 poste 298, 613-863-7221 (cellulaire), neomie.duval@uottawa.ca
  • Paddy Moore, IRHO, 613-323-5680 (cellulaire), padmoore@ohri.ca
  • Adrienne Vienneau, Institut de recherche du CHEO, 613-737-7600 poste 4144, 613-513-8437 (cellulaire), avienneau@cheo.on.ca


À propos de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa
L’IRHO est l’établissement de recherche de L’Hôpital d’Ottawa affilié à l’Université d’Ottawa. Il entretient des liens étroits avec les facultés de médecine et des sciences de la santé de l’Université. L’IRHO regroupe plus de 1 500 scientifiques, chercheurs cliniciens, étudiants diplômés, boursiers postdoctoraux et employés de soutien qui se consacrent à la recherche pour améliorer la compréhension, la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies. www.irho.ca

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Fondé en 1984, l’Institut de recherche du CHEO coordonne les activités de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et fait partie des instituts affiliés aux hôpitaux d’enseignement de l’Université d’Ottawa. L’Institut regroupe des professionnels de la santé du CHEO qui unissent leurs efforts pour résoudre les problèmes de santé pédiatriques. Il favorise également la recherche collaborative avec des partenaires issus de la communauté locale, du milieu médical extérieur et de la communauté scientifique internationale. Pour en savoir davantage, consulter www.cheori.org.

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L’Université d’Ottawa soutient activement la recherche de pointe et favorise le développement des connaissances fondé sur une approche interdisciplinaire. Son engagement envers l’excellence attire les chercheurs les plus prometteurs du Canada et du monde entier. L’Université d’Ottawa contribue grandement au développement économique de la région de la capitale nationale. www.uottawa.ca