Un scientifique primé remet en question un dogme médical dans le cadre de recherches sur la prévention et le traitement d’une maladie neurodégénérative

le 25 octobre 2017

Le Dr Michael Schlossmacher a grandi en Autriche et étudié à l’Université Harvard. Il dirige maintenant le programme de recherche en neurosciences de L’Hôpital d’Ottawa. Ses recherches ont aidé à établir un concept clé concernant la maladie d’Alzheimer et ont mené à l’essai clinique d’un traitement expérimental contre la maladie de Parkinson. Il cherche maintenant des liens entre la maladie de Parkinson et le système immunitaire. L’Hôpital lui remettra le Prix du mérite scientifique Dr J. David Grimes le 28 octobre 2017.

Lorsqu’il était étudiant en médecine en Autriche, le Dr Michael Schlossmacher et ses collègues étudiants ont dû préparer un rapport sur les causes possibles des ulcères d’estomac. Ils ont adopté les théories conventionnelles et ont obtenu une bonne note, mais leur rapport s’est par la suite révélé totalement faux. À l’époque, il commençait à y avoir des données montrant que les ulcères d’estomac pourraient être causés par une bactérie, mais on ne voulait pas s’y attarder. C’était simplement trop radical.

Lorsque la vérité a enfin vu le jour, le Dr Schlossmacher a pris deux résolutions : ne plus jamais accepter de dogmes médicaux sans les remettre en question et ne plus craindre d’examiner des idées opposées.

Ces résolutions lui ont valu bien des découvertes surprenantes et importantes, en plus du Prix du mérite scientifique Dr J. David Grimes qui lui sera remis en 2017 par L’Hôpital d’Ottawa.

Après avoir terminé sa formation en médecine, le Dr Schlossmacher a obtenu une bourse pour étudier à l’Université Harvard à Boston. Aux côtés de son mentor, le Dr Dennis Selkoe, il a étudié la protéine bêta-amyloïde, qui s’accumule dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Il a ainsi découvert que toutes les cellules du corps produisent cette protéine, ce qui a complètement révolutionné notre compréhension de cette maladie.

En 2006, le Dr Schlossmacher a été recruté par L’Hôpital d’Ottawa et l’Université d’Ottawa en partie puisqu’il s’intéressait au Consortium pour la recherche sur le Parkinson d’Ottawa, un groupe multidisciplinaire. Il a par la suite assumé la direction du programme de recherche en neurosciences de l’Hôpital et fondé un programme de maîtrise et de doctorat à l’Université d’Ottawa.

Ces dernières années, il a été le fer de lance d’une théorie qui reste à faire ses preuves selon laquelle une infection pourrait être à l’origine de la maladie de Parkinson, en particulier chez les gens qui sont à risque génétiquement. La théorie est fondée en partie sur de vastes études observationnelles de longue durée réalisées chez l’humain et des études moléculaires de deux gènes associés à la maladie de Parkinson, soit l’alpha-synucléine et la LRRK2.

« Si la théorie est correcte, une infection pourrait déclencher la maladie des décennies avant l’apparition des symptômes moteurs, affirme le Dr Schlossmacher. Nous pensons que certaines infections dans l’intestin et le nez pourraient entraîner un mauvais fonctionnement du système immunitaire inné, ce qui causerait par la suite une inflammation au cerveau et des lésions aux cellules nerveuses essentielles. Si la théorie est prouvée, elle nous permettrait de prédire qui pourrait avoir la maladie de Parkinson plus tard dans la vie. Elle pourrait aussi mener à la mise au point de nouveaux traitements contre cette maladie toujours incurable. »

Le Dr Schlossmacher et son équipe ont fait d’autres découvertes importantes. Ils ont notamment disséqué les voies qui lient l’alpha-synucléine et le GBA1. Cette réalisation a mené à un essai clinique d’un traitement expérimental contre la maladie de Parkinson en 2017. Son équipe a aussi conçu un test ciblant l’alpha-synucléine dans le liquide céphalo-rachidien qui est maintenant utilisé dans le cadre de toutes les vastes études observationnelles sur la progression de la maladie de Parkinson.

Le Dr Schlossmacher affirme que son approche scientifique est inspirée par ses patients, enracinée dans le travail d’équipe et alimentée par la volonté de remettre en question les hypothèses largement répandues, qu’elles soient ou non de son cru.

« Ma mère m’a toujours dit qu’il faut faire preuve d’audace et réassembler les pièces d’un casse-tête pour voir si on peut obtenir une autre perception et ainsi une meilleure compréhension d’un problème », ajoute le Dr Schlossmacher. « C’est ce que j’aime le plus faire. »

Le Dr Schlossmacher bénéficie de généreux dons à L’Hôpital d’Ottawa pour mener ses recherches, particulièrement grâce à la Chaire de recherche Bhargava sur la neurodégénérescence. Il reçoit aussi de l’aide financière des Instituts de recherche en santé du Canada, de l’Institut ontarien du cerveau, de la Fondation Michael J. Fox, de Parkinson Canada, du Weston Brain Institute et du Consortium pour la recherche sur le Parkinson.

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