De petites incisions aux grandes répercussions : L’hystérectomie moins invasive accélère le rétablissement et permet à l’Hôpital d’économiser de l’argent

le 8 mars 2016


Une initiative de L’Hôpital d’Ottawa visant à promouvoir des chirurgies moins invasives auprès des femmes ayant de graves problèmes gynécologiques a permis d’accélérer le rétablissement et de diminuer les complications, en plus de faire économiser de l’argent à l’Hôpital, d’après les résultats d’une étude publiée dans le Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada.

L’Hôpital d’Ottawa a décidé en 2007 de devenir un chef de file en chirurgie mini-invasive, un type de chirurgie qui nécessite seulement de petites incisions, contrairement à la technique traditionnelle, qui nécessite une grande incision. Selon des chercheurs de l’Hôpital et de l’Université d’Ottawa, la décision d’investir pour acquérir l’expertise et l’équipement en chirurgie mini-invasive a grandement amélioré les résultats des hystérectomies, qui visent à retirer l’utérus.

L’hystérectomie est la chirurgie la plus courante chez les canadiennes après la césarienne. En 2012, plus de 40 000 femmes se sont fait enlever l’utérus, en général à cause de graves problèmes non cancéreux comme des règles excessivement abondantes ou des fibromes utérins douloureux (tumeurs bénignes).

La technique traditionnelle consiste à pratiquer une grande incision sur le ventre. Les femmes doivent alors passer trois à quatre jours à l’hôpital et six à huit semaines en convalescence. En revanche, la technique mini-invasive nécessite seulement des incisions d’un demi-centimètre, ce qui permet bien souvent aux femmes de retourner chez elles en moins de 24 heures.

« Les patientes qui ont une hystérectomie mini-invasive sont souvent surprises de se rétablir aussi rapidement et d’avoir peu de douleur », affirme le Dr Sony Sukhbir Singh, auteur principal de l’étude, vice-président, Gynécologie, Département d’obstétrique et de gynécologie à L’Hôpital d’Ottawa et titulaire de la chaire de recherche Elaine Jolly en chirurgie gynécologique.

« Souvent, elles n’ont pas besoin de médicaments contre la douleur après la chirurgie », ajoute le Dr Singh, qui est aussi professeur agrégé à l’Université d’Ottawa. « La différence entre les deux techniques est comme le jour et la nuit. »

L’étude du Dr Singh, qui a porté sur 4 300 hystérectomies pratiquées à cause de problèmes non cancéreux à L’Hôpital d’Ottawa de 2005 à 2012, montre que la décision d’investir pour acquérir l’expertise et l’équipement en mini-chirurgie a été fort judicieuse. En 2005, 40 % des hystérectomies réalisées à l’Hôpital étaient mini-invasives. Le pourcentage avait grimpé à 74 en 2012.

« Ce que nous avons découvert était extraordinaire et a transformé la façon de faire en chirurgie », explique la Dre Jenna Gale, résidente en obstétrique et en gynécologie à L’Hôpital d’Ottawa et à l’Université d’Ottawa. « La chirurgie la plus courante nécessitait auparavant une grande incision. Nous avons complètement changé la donne. Aujourd’hui, la technique la plus souvent utilisée à l’Hôpital pour une hystérectomie est une mini-chirurgie. »

L’étude a aussi permis de constater que les patientes ayant eu la chirurgie mini-invasive avaient moins de transfusions de sang, de problèmes intestinaux et de caillots de sang que celles ayant eu l’hystérectomie traditionnelle. La durée moyenne de séjour est passée de 2,5 jours à 1,6 jour, ce qui a fait économiser 1 898 jours-patients et permis de libérer huit lits dans les unités de gynécologie pour d’autres types de chirurgies.

« Les femmes bénéficient maintenant de la meilleure technique chirurgicale disponible et ont moins de complications », précise le Dr Mark Walker, chef du Département d’obstétrique, de gynécologie et de soins aux nouveau-nés de L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Elles ont moins de douleur, se rétablissent plus rapidement et retournent plus vite au travail et à leurs activités habituelles. C’est un avantage incroyable pour elles. »

Ces 10 dernières années, les directives médicales recommandaient de choisir l’hystérectomie mini-invasive dans la mesure du possible. L’adoption de la technique a toutefois été lente au Canada : 54 % des hystérectomies étaient réalisées par la technique traditionnelle en 2008.

Selon le Dr Singh, le manque de formation, la perception du niveau de difficulté de l’intervention et le coût de l’équipement ont été des obstacles à ce chapitre. Leur étude a cependant montré que même si le coût initial de l’équipement est plus élevé, l’intervention est moins dispendieuse. Une hystérectomie traditionnelle coûte en moyenne 7 200 $, alors que les hystérectomies moins invasives par voie vaginale et laparoscopique coûtent respectivement 4 500 $ et 5 600 $. Le Dr Singh estime que l’Hôpital économise environ 200 000 $ par année en privilégiant l’hystérectomie mini-invasive.

Compte tenu de tous ces avantages, il espère qu’elle sera plus répandue au Canada et que davantage de femmes la demanderont.

« J’espère simplement que cela puisse se produire à grande échelle partout au pays. La volonté est présente, mais nous devons encourager les autres à adopter les techniques mini-invasives », conclut-il.

Référence complète : « Increasing Minimally Invasive Hysterectomy: A Canadian Academic Health Centre Experience », Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada,Jenna Gale, Chris Cameron, Innie Chen, Yanfang Guo et Sukhbir S. Singh, 4 mars, 2016.

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